dimanche 27 août 2017

Étape 3 de Pujols à Bazas 28 km

1 l’étape du jour
 La canicule est installée... L'étape d'hier nous a deporté au nord et elle était plus courte, nous le payons aujourd'hui avec une rallonge de plus de 7 km.
 
 
2 le tracé
 
 
 
 
 
3 le détail de l'étape
 
Notre hôte a accepté de nous servir le petit déjeuner à 7 heures. Pour un dimanche c'est fort notable.
Nous prenons la direction plein sud parallèle au Ciron pour gagner Pujols où se trouve le pont qui permet le franchissement, nous sommes loin de la ligne droite.
Juste avant nous tombons sur un drôle d'engin qui ressemble à un éolienne à 2 pales couplée à une bouteille géante...


L'église de Pujols est dans le style des églises romanes de la région.


Avant de franchir le pont sur le Ciron, nous apercevons le château Charlot qui est en très mauvais état, hélas il n'est pas cerné de vignes du Sauternais.



Nous entrons juste après dans le vignoble de Sauternes, cruelle injustice.



Le Sauternes est un vin qui a profité de l’Europe. Ce sont les commerçants néerlandais qui développèrent le vignoble pour leur fournir du vin blanc. Ils amenèrent une nouvelle technique : une mèche trempée dans du soufre est mise à brûler dans les barriques ; cette mèche est d'ailleurs appelée « allumette hollandaise ». Cet usage du soufre permet de stopper la fermentation avant sa fin et donc de conserver du sucre résiduel. Le recours à la pourriture noble, lui, n'est pas aisé à dater. Hugh Johnson mentionne son usage attesté en 1836 au Château La Tour Blanche, mais un siècle plus tôt, des vendanges très tardives donnaient un vin très riche qui demandait à vieillir plusieurs années en barrique. Une légende locale raconte qu'un propriétaire rentra en retard pour superviser ses vendanges. Trouvant le raisin surmûri, il décida néanmoins de rentrer sa récolte en dépit de l'aspect pourri des raisins. Bien lui en prit puisqu'il découvrit l'apport de la pourriture noble aux arômes du vin



Les différents châteaux sont tous très bien indiqués à chaque carrefour à l'exception de château d'Yquem.


En fait, toute nouvelle pancarte Yquem dès son installation est volée par des amateurs qui ne peuvent se payer un flacon.... 
Comme Château d'Yquem est de très loin le Sauternes le plus réputé, nous faisons un léger détour pour admirer le vignoble et le Château. 


Sauternes est encadré sur 20 km de part et d’autre de la vallée de Garonne de toutes les appellations moelleuses de Bordeaux (Sainte Croix du Mont, Loupiac, Cérons, Cadillac, Barsac).



Le regroupement autour d’Yquem de tous les Crus Classés de Sauternes confirme la situation idéale du domaine. Equilibre magique mais tellement fragile car sujet au moindre aléa : un peu trop sec et la contamination s’arrête, un peu trop d’eau et la concentration cesse, sans oublier les autres moisissures guettant la moindre faiblesse du Botrytis pour le remplacer et gâcher irrémédiablement le raisin. La sanction de cette énorme prise de risque se reflète dans les rendements, très faibles, qui peuvent aller à Yquem jusqu’à l’abandon de l’ensemble de la récolte.

Faute de pouvoir acheter nous nous contenterons de faire la traversée du domaine comme Smith Haut Lafitte.

Le château est magnifique, sa façade classique, qui est celle des étiquettes, est trompeuse puisque le château paraît moyen-ageux sur les autres côtés.













 Nous quittons le Château par la route d'accès, nous imaginons quel serait notre fortune associée à la possession d'une seul rangée de cette vigne de plus de 800 mètres de long...
Il nous faut poursuivre à un très bon pas pour arriver avant 11 heures à Roquetaillade. 
Juste avant nous traversons Roaillan.
L’église Saint-Louis a été érigée au XVème siècle. L'église, consacrée jadis à Saint-Saturnin, 1er Evêque de Toulouse au IIIème siècle, l’ est aujourd’hui à Saint-Louis. Entourée d'une place ombragée, d'arbres d'essences diverses, elle dresse au-dessus de son portail cintré un clocher carré à flèche de pierre. Au niveau de l'abside principale, la corniche d'origine est intacte..  


 Nous fonçons vers le château de Roquetaillade  qui est situé à plus de 15 km du départ. Il fait maintenant très chaud, la montée pour arriver est d'autant plus difficile. Nous arrivons juste à temps pour la visite, trempés de sueur. Heureusement, nous pouvons laisser nos sacs à dos à l'accueil.


Le château de Roquetaillade est dans la même famille depuis 700 ans. Un château privé, habité par la famille de Baritault du Carpia descendants de la famille de la Motte qui édifia le château d'origine.  Il ouvre au public en 1956. Il est constitué de deux châteaux forts, l'un datant du XIème siècle et l'autre du XIVème siècle, se trouvant dans la même enceinte. Il est sauvé par Viollet-le-Duc au XIXème siècle, qui y entreprend également d'importants travaux de décoration et de création de mobilier.

Le parc de Roquetaillade comprend les vestiges de l'enceinte médiévale avec la barbacane, le ruisseau du Pesquey et ses berges, le chalet XIXème et le pigeonnier du Crampet, qui fait partie de l'écomusée de la Bazadaise.



C'est l’un des fameux « châteaux Clémentins », ces palais-forteresses érigés au Moyen Age en sud Gironde par le pape Clément V (né Bertrand de Got à Villandraut). Il se distingue tant par ses imposantes structures défensives que par l’élégance de sa décoration intérieure, oeuvre du célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc. Fait unique en Gironde, le Château Roquetaillade est habité par la même famille depuis 700 ans !  Deux forteresses (XIe et XIVe siècles), six tours, un donjon et des douves : le Château de Roquetaillade est l’archétype même du château fort des livres d’histoire et de contes pour enfants. Son histoire a été marquée par deux importantes restaurations : l’une à la Renaissance, qui a laissé des cheminées monumentales, l’autre orchestrée par Viollet-le-Duc à partir de 1860. Dans le vaste parc entourant le Château, les arbres centenaires tutoient un pigeonnier du XIIe siècle, une chapelle ainsi qu’une métairie reconstituant la vie rurale autour de 1850, avec poules et cochons gascons, ânes des Pyrénées… Roquetaillade abrite également un élevage de vaches bazadaises et un vignoble (Graves Rouges, Graves Blancs, Graves Supérieures) !





 Après la visite, nous casse-croûtons dans le parc avant d'attaquer la dernière partie de 13 km en plein cagnard...

En nous retournant, nous avons une meilleure vue sur le chateau de Roquetaillade.



 

Après 2,5 km nous arrivons au Nizan.
 
La paroisse Saint-Martin date de l'érection de l'église par les Templiers, au XIème siècle. Une maison templière leur est également due, construction dont ne subsiste qu'une fenêtre dépendant soit de la commanderie de Bazas, soit de celle de Beaulac.

Au Moyen Âge, cette paroisse relèvait de la juridiction du château de Roquetaillade, aujourd'hui situé sur la commune de Mazères.

Trop occupés à faire le plein d'eau, nous ne prenons pas de photos. Le cimetière n'a pas de point d'eau, nous nous abritons du soleil sous le porche de l'église. Le point d'eau est là.

 
 Au lieu-dit Couhé, à environ 300 mètres au sud du bourg, la présence d’un tumulus daté du VIème siècle avant J.-C., haut d'une douzaine de mètres et ceint d'un fossé d'une circonférence d'environ 100 mètres atteste d'un peuplement très ancien.
 
Les derniers kilomètres sont sans fin. Nous gagnons un grand axe au bout de 3 km. Puis l'entrée de l'autoroute est à 6 km, puis l'entrée de Bazas est interminable. Enfin, nous voyons la cathédrale et l'hôtel est proche...
 
 

Le nom Cossium est une latinisation de l'aquitanique *koiz, gascon coç, cos 'tertre', basque goiz 'en hauteur'. Le nom Vasate pourrait s'expliquer par le basque baso 'forêt' ou par un hydronyme *uad (cf. latin vadus 'gué').

À partir du premier âge du fer, la capitale des Vasates Cossium, Bazas s’affirme comme une des places fortes du Sud-Ouest en se dotant de remparts et de portes monumentales qui lui confèrent très tôt un rôle militaire et une certaine suprématie. C'est une civitas au temps de l'anonyme de Bordeaux en 333, troisième lieu cité mais le seul certain sur sa liste d'étapes. 

D'après un poème de Paulin de Pella, en 414, la ville échappe à la destruction par les Goths.Cité épiscopale située sur le chemin du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, Bazas fut, jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, siège d’un diocèse. Siège du présidial, Bazas cumule les fonctions administratives et judiciaires et s’impose alors très vite comme la plus puissante ville. Son prestige lui vaut d'ailleurs les visites d'illustres personnages tels Richard Cœur de Lion et Charles Quint.Disputée par Anglais et Français au cours de la guerre de Cent Ans, Bazas revient à la France en 1441.

 Nous sommes déjà venu à Bazas avec Janine et Jeannot, nous connaissons déjà les principaux monuments et l'histoire associée. Alors arrivés à l'hôtel c'est bière, douche et sieste plus à 17 heures le match du RCT contre Pau.
Ensuite, nous ressortons à 19 heures pour dîner sur la place de la cathédrale. 
J'invite tous les lecteurs à visiter Bazas qui comporte nombre de lieux intéressants :
 
La place de la cathédrale  étonne par ses dimensions  et son plan en éventail. La diversité des arcades et des maisons qui la ceinturent témoigne de la succession des styles et des époques. Les fonctions religieuses, civiles et commerciales y sont rassemblées. La partie ouest, trapèze affaissé de 4 600 m2, liée au faubourg marchand du mercadilh remonte à la n du XIIème siècle. La partie est de 2 800 m2, liée à la Cathédrale, est d’aménagement récent (XIXème siècle). La place a toujours gardé son rôle de carrefour et de marché. Les « couverts », ou arcades périphériques, ont été construits à partir du XVIème siècle. Ils sont accordés aux types de maisons qu’ils soutiennent. Ses espaces euris sont agrémentés principalement de plantations en pleine terre facilitant l’épanouissement naturel du rosier et du jasmin.



L’édifice de l’ancien hôtel de ville fut bâti en 1488 et reconstruit en 1733. Le fronton triangulaire est frappé des armoiries de la ville. Au rez-de-chaussée, le musée municipal occupe les 4 salles de l’ancienne prison. On peut y voir des vestiges préhistoriques et gallo-romains, ceux d’un trésor du Moyen- Âge, une maquette de la ville réalisée d’après un dessin de voyageur hollandais de 1650, des objets d’Art sacré, le tableau original de « Saint-Louis faisant l’aumône » de J. Stella, des productions de l’école de Zurbaran et un cachot.

 

L’office de tourisme de Bazas est installé dans l’ancien palais du Présidial construit au XVIIIe siècle.Les présidiaux sont des cours de justice créées par Henri II en 1551 afin d’atténuer l’influence des parlements. Celui de Bazas est institué dès 1553. Il est alors installé dans un bâtiment de « halle-justice » construit sur pilotis et appuyé à l’Hôtel de Ville. L’édifice menaçant ruine au XVIIIe siècle, l’intendant Boucher demande sa reconstruction. Il retient le projet de l’architecte Michel Marceron dont les travaux débutent en 1730. Le présidial fonctionne jusqu’en 1791, date à laquelle il est transformé en tribunal de district et de première instance. Il est désaffecté lorsqu’un nouveau palais de Justice est inauguré en 1857.

La Maison de l’Astronome est un hôtel particulier de Bazas construit en 1530. Son nom fait référence à la nature de sa décoration.La maison est bâtie pour Arnaud Fautoux, lieutenant général au Présidial. Au XIXe siècle, elle devient la propriété d’une autre famille de magistrats, les Andraut. Son décor est composé d’étoiles, de lune, de soleil et d’un astronome. Son pignon en pas de moineaux, disposition courante dans les Flandres, lui vaut d’être parfois surnommée « maison hollandaise ».

La Maison d’Andrault : cette imposante maison de la place représente le type de construction de l'époque de Louis XIV. Sa façade symétrique et régulière est construite sur le module de 3: 3 travées, 3 anses de paniers à la base, 3 étages avec chacun 3 fenêtres et un fronton triangulaire marqué par 3 acrotères. Quelques décors ou moulures ainsi qu'un oculus au milieu du fronton agrémentent cet ensemble géométrique bien composé.
 

Très bien conservé et datant du XVIIIe siècle, l’hôtel Bourriot est une des plus remarquables demeures de Bazas.On doit cet hôtel particulier à Pierre Bourriot, commissaire du roi, avocat royal à la Sénéchaussée et au Présidial. Ce notable appartient à une longue lignée de subdélégués de l’Intendance d’Aquitaine, fonction qu’il occupe également. Alors qu’il est maire de Bazas, de 1758 à 1767, il fait construire cet hôtel composé de deux corps de bâtiment.L’édifice a subi très peu de modifications depuis sa construction, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Nombre de ses décorations d’origine sont toujours en excellent état : stucages, ferronneries, trumeaux, ou encore sopra porta peints.L’immeuble dispose d’une cour intérieure et d’un jardin ouvrant sur la promenade de La Brèche.

 
La cathédrale, joyau de la cité, est le point de rassemblement de la population depuis le Vème siècle. La cathédrale actuelle, construite à partir de 1230 sur la base des monuments antérieurs, a subi, avec des destructions importantes, deux cataclysmes majeurs : les guerres de religion et la révolution de 1789 qui laissèrent des traces profondes.











La poterne de La Brèche est un passage dérobé menant de la courtine aux remparts extérieurs de Bazas.Cette poterne constitue la seule ouverture située sur les fortifications sud de la cité. Datant du XIIIe siècle, elle est transformée au fil du temps, jusqu’à devenir une tour forte rectangulaire garnie de latrines.

 

Les anciens jardin de l'Hôtel Mauvezin sont adossés au rempart sud et limités à l'ouest par une des dernières tours de défense de la cité. Ils ont été transformés en roseraie. Havre de sérénité et d'harmonie, nichés au-dessus de la promenade de la Brèche et du vallon du Beuve, le jardin du Sultan est accessible depuis la halle de l'hôtel de ville par un escalier dérobé qui prend naissance au fond de la cour de l'espace Mauvezin. Il offre une perspective unique sur le tracé nord du rempart et la cathédrale.

 
Demain ce sera une étape plus courte vers Captieux sur un parcours balisé puisque c'est une étape de Compostelle par la voie de Vezelay. Les conditions météorologiques seront les mêmes comme après demain. C'est seulement ensuite qu'il devrait pleuvoir et faire plus frais.
 
 
4 logistique
 
 
 Hôtel Le Rodin 1 cours du général de Gaulle tel : +33 6 70 42 86 90  réduction pèlerin 10 %
 
Accueil pèlerins en famille JA, prévenir 24 à 48 h à l'avance, carnet de pèlerin exigé - participation aux frais. L'accueil a lieu sur le parvis de la cathédrale.

Les noms des pèlerins sont demandés lors de la réservation téléphonique.
Possibilité d'accueil avec cheval, mule ou âne, prévenir 48 h avant pour préciser le chemin à suivre.
Lors du rappel, notez le nom de la famille d'accueil.

• Mr et Mme Torres Loulou:0556651538
• Mr et Mme torres Loulou, bazas: 0556259776 / 0623767238
• Mr et Mme Dudit Etienne : 05 56 25 00 41 - email : etienne.dudit@orange.fr  

Mr et Mme Lauras Vincent : 0683672155

 

samedi 26 août 2017

2 de La Brède à Pujols 23 km

1 l’étape du jour
 
 Nous poursuivons notre marche parallèle à la Gironde en rive gauche vers Bazas que nous atteindrons demain. Nous sommes au cœur des Graves et Sauternais, un pays qui fait commerce du vin depuis des siècles. Les traces de la voie empruntée par l'anonyme de Bordeaux sont inexistantes, la situation ne va guère s'arranger avant Eauze....
Ce qui est certain c'est la chaleur de ces derniers jours d'août qui nous oblige à arriver de bonne heure à la fin de l'étape.
Le changement de destination finale, faute de logement possible à Sauternes, nous conduit das in BB au nord de Pujols.

 
2 le tracé
 
 
 
 
 
3 le détail de l'étape
 
 
Nous avons pris notre petit déjeuner en chambre grâce à un plateau préparé la veille. Nous sommes libre de partir bien plus tôt.
Les douleurs se sont quelque peu estompées dans la nuit. Merci Chondrosulf 400 ! Merci la préparation spéciale d'huiles essentielles de Christine ! Toujours pas de patch anti-douleur, ni d'ampoules....

Nous allons vers Pujols au lieu de Sauternes, car nous n'y avons pas trouvé d'hébergement. L'essentiel du parcours reste le même.


 
 Aujourd’hui on ne trouve pas beaucoup de traces d’un passé lointain : des poteries datant des premiers siècles de notre ère, un “ trésor ” monétaire de cette époque, de plus la Voie Romaine, le Chemin Gallien, traversait la commune à hauteur de Sarransot.
C’est en 1774 qu’un vigneron découvrit dans le champ qu’il bêchait une jarre pleine de pièces de monnaie qu’il remit aussitôt au propriétaire du champ, celui-ci les fit estimer, elles furent datées du IVème siècle.
Le paysage nous surprend puisque la vigne a laissé place à la forêt qui devient de plus en plus composée de résineux.
Il y a peu à voir aujourd'hui... 
Une réparation d'une ligne téléphonique attire notre attention : un poteau accidenté peut être remplacé par une simple corde dès lors qu'un arbre existe en proximité ! 


La commune est traversée, au nord, par le chemin Gallien, venant de la Garonne vers le bordelais par le château de Landiras (voie stratégique tracée par les romains qui, venant de La Brède et de Saint Selve se dirigeait vers Bazas). Une autre voie romaine passe à proximité, il s’agit du « chemin bordelais » de Bordeaux à Bazas. La découverte, au siècle dernier, de monnaies des IIème et IIIème siècles et, sur l’autre rive du Rieufret, face à l’église, de l’emplacement d’un camp gaulois, atteste l’ancienneté de l’occupation de son territoire.  
Faute d'antiquités, je vous montre l'église de Saint-Michel-du-Rieufret qui est somme toute originale avec sa cloche hors du clocher...




 
Le village a été coupé par l'autoroute ce qui fait que des vestiges anciens se trouvent de part et d'autre. Le Néolithique est bien représenté avec des dolmens et autres traces en trois lieux de la commune (les Hountettes, le Hourcage et le Hiou).. À Peyrebidane sont relevés les restes d'une vois romaine et pour le reste une maison forte à Cagès du XVIème siècle et l'église dont les fondations ont été fouillées.
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La Mutatio Sirione deuxième relais de poste depuis Bordeaux de l'itinéraire Burdigalense et de la Table de Peutinger serait Cérons pour certains, le village, pour d'autres la rivière Ciron. A ce jour, aucune borne milliaire ne permet de positionner correctement la Via Aquitania . 
 Plusieurs voies anciennes dirigées vers le Sud-Est sont connues et un carrefour routier au sud-ouest de Barsac au lieu-dit "Peyrebidane" ou  "Pébayle", proche de Guitteronde est identifié. Ce grand carrefour fut fouillé en 1973, lors de la construction de l'autoroute A 61, et les vestiges remontent à la période gallo-romaine.  À ce noeud routier convergent plusieurs voies empierrées : 

 

  • le Chemin Gallien direct vers l'agglomération bordelaise, 
  • le Chemin du jardin vers le Nord, vers les Carretey, la Bouade, le passage de Garonne, Loupiac, 
  • le Chemin de la Bendelaise vers Barsac, 
  • le Chemin conduisant vers le "Pont d'Arcole" dans Barsac et Langon, 
  • un chemin vers le Ciron et Bazas,  
 Par contre, la "Mutatio Sirione" n'est pas probablement là faute de cours d'eau proche.

Il nous reste quelques kilomètres pour arriver, marcher devient pénible sous une chaleur suffocante.



Nous avons trouvé un rare hébergement vacant ce samedi. Après quelques émotions, nous avons réussi à contacter le propriétaire et confirmer que nous étions au bon endroit..Du coup l'étape de demain sera rallongée et nous passerons au château Yquem...,
 
4 logistique
 
Finalement ce sera le Clos Saint-Jean à Piijols au lieu de :

 
 
Hotel Le 23 23 rue Principale   Tel 05 56 27 20 04  Chambres 70 et 80€ PdJ 8€
 
 
 
Restaurant Le Saprien   13 rue principale   Tel 05 56 76 60 87 Menu à 29€
 
Auberge Les Vignes   23 rue principale   Tel 05 56 76 60 06    Menu à 26€
 
 
La Maison du Vigneron et du Sauternes  2 Rue Principale   +33 5 57 31 00 89   ouvert de 10:00 à 19:00
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 

vendredi 25 août 2017

1 de Bordeaux à La Brède 27 km

1 l’étape du jour
 
C'est parti ! Il fait très chaud, la canicule est de retour... En partant de très bonne heure, nous allons avoir plusieurs heures correctes avant de souffrir.
 
Une première étape peu intéressante au départ, il faut quitter la grande ville... puis les premières vignes apparaissent et enfin un terrain plus propice à la marche. Malgré l'urbanisation nous devrions voir de belles choses....
 
Notre anonyme de Bordeaux n'était pas perturbé par un urbanisme débridé et la voie romaine était rectiligne.... Il s'est arrêté à la mutatio Stomatas qui est à 7 lieues gauloises de la civitas Burdigala soit 17 km. 
La surprise dans la préparation du parcours est que les romains allaient toujours tout droit sauf… Il est habituel de constater que la distance à vol d’oiseau de deux étapes certaines est proche de la distance indiquée par notre anonyme et que le tracé des voies dépendait des axes du cadastre de la région.
 
Une mutatio était un « changement" : un relais de poste où les chevaux étaient remplacés et où les voyageurs pouvaient se reposer, manger et parfois dormir. Pour chaque mutatio, il fallait avoir de l'eau à proximité, des pâtures et du fourrage pour les chevaux.  Le problème majeur pour positionner une mutatio réside dans les changements intervenus pendant deux millénaires en particulier pour les cours d’eau. Nous aurons l’occasion de revenir sur la découverte d’une mutatio citée par l’anonyme de Bordeaux, près de Saint-Jean-Poutge, grâce à sa proximité de la Baïse.
La Garonne en particulier possède aujourd'hui un cours différent et de nombreuses îles anciennes, en rive gauche, sont maintenant loin du fleuve comme l'atteste Isle-Saint Georges. Ce village s'appelait autrefois l'Isle en Arruan, attestant sous l'aspect toponymique de l'existence d'un gué sur le fleuve à cet endroit. Il s'en est suivi, outre un peuplement à cet emplacement stratégique (attesté par les fouilles entreprises), la création d'une route qui devait continuer vers l'ouest et probablement se croiser avec la voie Aquitania à Stomatas.
 
Le Chemin Gallien (ou Via Aquitania), à l’exception de quelques tronçons reconnus par les photographies aériennes et les recherches de terrain, n'est pas bien connu  à l’approche de Bordeaux. Une confusion provient du fait que de la présence de plusieurs itinéraires. Une des possibilités est le recouvrement de la via Aquitania par l'ancienne route nationale 113 tout au moins en partie... Mais nous n'allons pas longer cette route et emprunterons un itinéraire plus propice à la marche, sans rapport avec la voie romaine, mais plus intéressant et plus sûr. 


 

D'après l'Association de Recherches Historiques de l'Ornon
 
 
 
 2 le tracé
 
 
 
 
 
 
 
3 le détail de l'étape
 
 C'est seulement vers Villenave d'Ornon, après avoir traversé Talence et Bègles que la densité de maisons baisse significativement pour laisser la place à quelques vignes encerclées. Puis la vigne devient prépondérante. 
Le gel semble avoir épargné cette région.




 
 
 Villenave d’Ornon était traversée par deux voies de communication romaines : la route de Bordeaux à Toulouse via Agen et celle transitant par Bazas.
La première voie romaine est l’actuelle avenue Mirieu de Labarre, la seconde est la route de Toulouse, autour desquelles s’établissent des habitations gallo-romaines, succédant aux habitations celtiques.
 
"Un aqueduc gallo-romain, datant du premier siècle partait du lieu-dit Carbonnieux à Villenave-d'Ornon. Il passait ensuite au lieu-dit Sarcignan où des vestiges de l’édifice ont été découverts en 1973. L'édifice était prolongé vers le lieu-dit Madère, pour venir alimenter en eau la cité romaine de Burdigala. On en trouvait au XIXème siècle, certaines portions sur les communes de Bordeaux, Bègles, Talence et Villenave d’Ornon.
 
Actuellement, seule Villenave d’Ornon possède des vestiges visibles ou en cours d’aménagement de ces tronçons d’aqueduc. 
Le site majeur situé à Sarcignan comporte les trois façons de construction d’un aqueduc : en souterrain et en aérien sur mur ou sur arche. De plus, il y a une arrivée de deux conduits qui fusionnent, ce qui laisse penser qu’un deuxième captage a été effectué sur les sources du Bruca, cours d’eau situé vers la limite communale de Gradignan. En 2007,  un tronçon de 50 mètres en bon état a été découvert, parallèle à la rue Fernand Coin, près de la Résidence "Les Finances", par archéologue Xavier Charpentier. Hélas, cette partie est maintenant recouverte par un immeuble."
 

Voyant les noms sur les panneaux indicateurs, pas de doute nous sommes au cœur des Graves.


Nous allons passer dans le plus prestigieux le Château Smith Haut Lafitte qui mérite un détour… L'histoire du château indique un relevé de plus de 650 vendanges. C’est au XVIIIème siècle que le nom du nouveau propriétaire écossais fut rajouté au nom du domaine qui produit un Grave rouge à base cabernet sauvignon (55%), merlot (35%) et cabernet franc (9%) et blanc à base de sauvignon blanc (90%) et de sauvignon gris et sémillon. Quant au prix de ces flacons… une bouteille de Chateau Smith Haut Lafitte jeune à plus de 200€ , un Petit Haut Lafitte à 30€, un Hauts de Smith (second vin) à 22€... 
 
 
 
Toujours est-il que les vignes sont parfaitement entretenues et que le domaine est le siège de nombreuses réceptions. Malheureusement, nous n'avions pas notre carton d'invitation pour les Caudalies, un pince-fesses fort couru ce matin. Il faut dire que notre accoutrement faisait tâche quand nous sommes passés.








Nous poursuivons notre parcours au cœur du vignoble des Graves et arrivons à Martillac Une légende locale rapporte qu’au temps des guerres de conquêtes des Gaules, sous Jules César, un général romain se serait retrouvé en grand danger d’enlisement sur une terre marécageuse lorsque, soudainement, le sol se serait raffermi inexplicablement sous les sabots de son cheval. En raison de ce miracle, un temple fut élevé en l’honneur de la divinité responsable e ce prodige : Mars, Dieu de la guerre protégeant son guerrier.
Martillac est traversé par une ancienne voie romaine en direction de la commune voisine de Saucats. Il s’y trouve à proximité un vieux pont de pierre communément appelé « Pont Romain » mais dont l’origine reste incertaine. Dispersés sur Martillac, une dizaine de bornes dites « de Montesquieu » - élevées pour la plupart à l’époque du baron – se dressent au bord d’anciens chemins ou en pleine lande. Gravées sur leur deux faces d’un symbole ou d’un monogramme et orientées dans l’espace, elles indiquent la propriété des terres vers lesquelles elles sont tournées.

Nous n'avons vu aucune de ces bornes... il fait maintenant très chaud et nous arrivons à La Brède, enfin, et nous faisons un crochet par le château. En effet, on ne peut pas passer à la Brède sans visiter son célèbre château... C'est là que naquit, le 18 janvier 1689 (facile un siècle avant la révolution), Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu  auteur des "Lettres Persanes" et de "L'esprit des Lois". Edifié à partir du XIVème siècle sur les ruines d'une construction plus ancienne, le château a été remanié à partir de la Renaissance. Il a conservé son caractère de forteresse, atypique par sa forme polygonale qui se reflète dans l'eau des larges douves qui l'entourent.







 
Montesquieu y séjournait régulièrement, retrouvant, dans ce havre de paix, le bonheur d'une vie simple et un environnement propice à la réflexion et à l'écriture. 







Les lieux sont entourés d'un très beau parc à l'anglaise, dont le goût lui vint lors d'un séjour outre-manche. Son seul voyage hors de France dura quatre ans et il visita de nombreux pays européens au cours de son long périple.
 
 
 Nous n'avons guère goûté aux frondaisons de ce grand parc. Il nous retourner sur nos pas pour atteindre La Brède.
  


  


Le Chemin Gallien est mentionné, dans le secteur de Saint-Selve, sur la carte de Belleyme qui montre les « vestiges d’une ancienne levée du Chemin Gallien », celle-ci est encore visible sur le terrain. On le signale à La Prade où il se confond ensuite probablement avec l’actuelle route départementale 1113 (ancienne Nationale 113) jusqu’à l’approche de Bordeaux. 
 
 
En 1826, François Jouannet se sert de l'examen des localités, des restes du chemin Gallien sur le territoire des communes de La Brède, Saint-Morisson, Saint-Selve,  et des distances indiquées entre étapes pour imaginer l'emplacement de la mutatio Stomatas qui se trouverait selon lui sur la commune de Saint-Médard-d 'Ayrans, entre le lieu nommé Déhé et un petit ruisseau. 
Aujourd'hui, la position de Stomatas demeure incertaine. Ce relais routier gallo-romain est situé, suivant les auteurs, à Saint-Médard d’Eyrans, à Beautiran, ou, plus probablement, à La Prade.  
 La commune de la Brède a toujours été un lieu de passage, une voie romaine la traversait dont les pavés ont été visibles jusqu'au XVIIIème siècle notamment dans le parc du château de La Prade. Le propriétaire du château, M. de Saige les fit disparaître en décorant son parc avec de grandes allées.
  
Nous profitons immédiatement de l'hôtel pour faire une longue sieste dans un air rafraîchi... et le dîner est l'occasion de goûter un château-Magnaud. Ils ont dû faire une faute d'orthographe... Mes papilles s'en souviennent encore...



 .Demain une autre étape dans le vignoble des Graves et Sauternais et sous la canicule....
 
 
 
4 logistique
 
 
Chateau de la Brède    Tel : 05 56 78 47 72 jusqu’au 14 avril les WE AM puis tous les jours AM visites à la demie de chaque heure
 
 
 hébergement
 
Relais Akena La Brède  1 Avenue de Viana     chambre 75 - 80€  PdJ Buffet 9,50€ Avec le Restaurant Le Philosophe menu à 20€
 
 
 
 

dimanche 20 août 2017

En route vers Burdigala...

Nous allons suivre les traces d’un anonyme...
 
C’est un des plus célèbres car il est cité dans de nombreux ouvrages.  L’histoire de la découverte de son seul ouvrage mériterait des études approfondies, ce document est considéré comme un témoignage essentiel pour sa desciption de l’itinéraire, qui est plus détaillé que les autres documents qui nous sont parvenus, mais aussi par la description des lieux saints.
On ne sait rien de lui sauf que cet anonyme a fait le voyage aller et retour de Burdigala jusqu’à Hierusalem. Rien d’extraordinaire aujourd’hui, en quelques heures d’avion le touriste arrive à Jérusalem.
Mais en 333, c’était bien plus long. On ne sait rien de notre anonyme : homme ou femme ? riche ou pauvre ? a-t-il fait le voyage seul ou en groupe ? a-t-il voyagé à pied ou à cheval ?
Il écrivait en latin, il était un des premiers chrétiens, il est parti de Bordeaux où à cette époque il y avait très peu de chrétiens et il n’a émaillé sa longue suite d’étapes que de rares compléments comme les passages de frontières ou de points culminants sauf arrivé à destination où il a décrit les lieux saints tels qu’ils étaient au IVème siècle.
 
Au début, les distances relevées sont en lieues gauloises et la position des premières mutationes et mansiones n’est guère fiable. Au contraire, chaque civitas est restée dans l’histoire même si souvent le nom contemporain est différent.
 
Nous allons gagner Burdigala et nous ferons cette année une première partie du périple, à pied bien sûr.
 
 
 
Sa description de la ville de départ, en début d’ouvrage, est limitée à Burdigala ville située sur le fleuve Garonne où le flux et le reflux de la mer se fait sentir à une centaine de lieues...
Nous allons faire préalablement une halte à Arelate pour nous plonger dans l’atmosphère de l'époque... 

Jour J-1 : Burdigala

 
 Un peu d'histoire avant de commencer et tout d'abord de Burdigala la ville de départ...
 
 
 
L’histoire de Bordeaux commence au IIIème siècle avant JC, au bord du fleuve, par la maîtrise du commerce de l’étain. L’endroit n’était guère sympathique, entouré de marais. Les Bituriges Vivisques avaient trouvé l'emplacement intéressant : le seul et dernier promontoire de terre ferme au contact de la rive gauche avant la zone de confluence de la Dordogne, de la Garonne et l’océan. C'était le lieu idéal pour démarrer des activités commerciales à cet endroit précis de la Garonne, c'est à partir d’une petite surface initiale de 5 à 6 ha que va se développer ensuite la ville romaine.
 
Pendant la guerre des Gaules, un lieutenant de Jules César, Publius Crassus, est accueilli à Burdigala en 56 av. J.-C.. Burdigala devint alors un "emporium" du monde romain, l'un des comptoirs commerciaux du vaste empire qui s'étend de l'Angleterre à l'Egypte.
 
 

Burdigala en 260 après JC
 
Les navires grecs, bretons, ibères ou celtes se côtoient dans le port de la ville. On y échange toujours l'étain, mais aussi des outils, de la céramique grecque ou du cuivre venant d'Espagne, du blé et des produits méditerranéens. Le vin commence rapidement à être produit sur place après l'adaptation d'un cépage cultivé par les Bituriges Cubes, la "vitis biturica" et reconnu par plusieurs auteurs latin comme un vin qui se conserve bien... Alors vin du Berry ou de Bordeaux ? Comme les Vivisques de Bordeaux émanent des Cubes...
 
Le croisement du cardo maximus (la voie nord-sud la plus importante), aujourd’hui la rue Sainte Catherine, avec le decumanus maximus (la voie est-ouest) se retrouve sous les rues de la Porte Dijeaux et la rue Saint Rémy définissait le centre de la civitas. C'est à cet endroit que se trouvait le forum comme dans toute ville romaine.
 
Ses 125 hectares voient pousser un forum, un amphithéâtre, un temple, des thermes, des maisons parmi les plus luxueuses de Gaule. Sa population atteint 20 000 habitants.
 
 Burdigala joue désormais un rôle important dans la vie économique du monde romain. De "civitas stipendaria" (cité soumise à l'impôt), elle devient, au IIème siècle, un "municipe" (cité dont les habitants jouissent de certains droits de la citoyenneté romaine).

Burdigala  Aquarelle de Jean Claude Golvin

 
Burdigala est durement frappée par les barbares en 276 qui pillent et incendient la ville. Il est alors décidé de construire des remparts qui sont achevés en 286 (selon le tracé actuel des cours d'Alsace-Lorraine, de la rue des Remparts et des cours du Chapeau Rouge et de l'Intendance). Il s'agit d'une enceinte de 740 mètres sur 480 mètres dont les murs ont une hauteur de dix mètres et une largeur de cinq mètres.
On reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze par vingt-six bouches de bronze. La ville continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce du suif, de la cire, de la poix et du papyrus. Elle s'illustre par ses poètes chrétiens (Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole, 353-431).

Bordé sur 450 mètres à l'est par la Garonne, ce "castrum " est percé de quatre portes, dont l'une, la "porta Navigera", laisse passer les bateaux vers la Garonne. "L'enceinte carrée de ses murailles élève si haut ses tours superbes que leur sommet aérien perce les nues. On admire au dedans les rues qui se croisent, l'alignement des maisons et la largeur des places fidèles à leur nom ; puis les portes qui répondent en droite ligne aux carrefours," écrit Ausone, qui y voit le jour en 309. Avant de devenir le précepteur de Gratien, fils de l'empereur Valentinien, puis préfet des Gaules et consul, ce célèbre lettré et politicien est élève, grammairien (professeur de lettres), puis rhéteur (professeur de rhétorique) à l'université de Burdigala, fondée en 286. Le rayonnement de cette nouvelle institution attire des lettrés du nord de la Gaule, de Syracuse (actuelle Sicile) ou d'Athènes (Grèce).
 

La construction du castrum à la fin du IIIème siècle va contraindre les habitants de Burdigala, manquant d’espace à l’intérieur des remparts, à gagner du terrain sur les zones marécageuses. Entrepôts, horrea, bâtiment thermal avec son praefurnium extérieur et maisons d’habitation au confluent du Peugue et de la Devèze sont bâtis sur les remblais. Les grandes maisons de maître des IIème et IIIème siècles (maison à atrium et maison à mosaïque) s’agrandissent. Le bâtiment public a été cloisonné et on a construit des pièces chauffées au nord. 

 
 

L'amphithéâtre de Bordeaux, traditionnellement appelé « Palais Gallien », est construit au IIème siècle. Ce n'est pas un palais, pas plus construit par l'empereur Gallien. L'arène intérieure mesure 70 mètres sur 47 mètres, le pourtour de l'édifice est de 132 mètres sur 111 mètres, une hauteur de 25 mètres, ce qui en fait un amphithéâtre de bonne taille. D'après sa dimension, on estime sa capacité à 22 000 places. L’incendie dont l’amphithéâtre a été victime, sans doute à la fin du IIIème siècle, a conduit à son abandon. Parmi les amphithéâtres gallo-romains, il devait comporter une bonne partie en bois. Il a été abandonné par la suite, a formé un refuge pour les délinquants et des prostituées au XVIIème siècle, avant de devenir un dépôt d’ordures.

Pendant la Révolution, le monument est devenu une carrière publique et le terrain a été vendu par lots. L’œuvre monumentale a été démolie en partie pour permettre un accès facile aux lots en créant deux chemins se croisent à travers le site. A partir de 1800, les pouvoirs publics ont pris des mesures pour arrêter la dégradation du bâtiment et ont interdit toute autre mutilation. Renforcés en 1864, les murs restants ont été classés monument historique en 1911. Heureusement un arrêté Des vestiges se trouvent rue du Docteur Albert Barraud.



l'amphithéâtre de Bordeaux

 
Le port antique de Burdigala n'était pas limité à l'embouchure de la Devèze. Rapidement un premier renforcement de la berge est réalisé à l'aide de pieux. La quasi-totalité a été retrouvée pliée ou cassée en deux, suite à un effondrement de la rive. Les aménagements effondrés sont totalement reconstruits entre 85 et 113, composés d'un alignement de pieux en chêne contre lequel vient se caler horizontalement du côté de la berge, un empilement de madriers et de planches en réemploi. 

Très vite, un important dépôt d'argile de Garonne et de sable, se forme à leurs pieds pieds. Les chercheurs y ont trouvé un grand nombre de déchets domestiques : céramiques communes, céramiques fines, sigillées, rsetes d’animaux... qui témoignent que le fleuve était utilisé comme décharge. Les pièces de monnaie trouvées montrent l'importance des deux axes commerciaux majeurs : la voie d'Agrippa (qui vient de Lyon en passant par Clermont-Ferrand, Limoges et Saintes) et la Garonne qui relie Burdigala à la Narbonnaise, dès la fin du Ier siècle av. J.-C.

Pour le Bas-Empire, les réparations les plus récentes du port, interviennent à la fin du IIIème siècle et au début du IVème siècle. La construction du castrum, dans les années 280-290, ne semble donc pas avoir entraîner l'abandon des berges de Garonne. La construction de nouveaux aménagements au milieu du IVème siècle, alors que Burdigala est devenue le chef-lieu du diocèse d'Aquitaine, semble indiquer même tout le contraire. 
 
 
 
 
 A Burdigala au troisième siècle après Jésus Christ la religion chrétienne se met lentement en place malgré les persécutions. Mais l’une des religions en compétition est le culte de Mithra, déesse de la Lumière. Ce culte s'est propagé sur la totalité de l'Empire par les soldats. Le mithraeum de Burdigala a été découvert en 1986, sous le cloître du couvent des Grands Carmes, cours Victor Hugo. Il est d'une qualité rare et ses dimensions le positionnent parmi les plus grands. La découverte de ce sanctuaire qui date de la fin du IIème siècle ou le début du suivant est exceptionnelle ; il ne doit sa préservation qu’au fait d'être un bâtiment enterré. De forme rectangulaire (L = 18 , l = 10), cette pièce principale se divise en trois parties : une nef centrale, partie la plus large (4 m), et deux banquettes latérales de largeurs irrégulières (2,50 m à 2,90 m), surélevées en moyenne de 0,75 m au-dessus du sol de la nef. Les murs sont en opus mixtum : parements de pierres de petits appareils régularisés par des arases de briques, de part et d’autre d’un blocage avec des chaînages d’angle en moyen appareil. Sur le mur nord de la salle principale revêtu d’un enduit, figuraient des vestiges de peintures à motifs géométriques (bandes rouges et jaunes) ou symboliques (sortes de flammes dans l’axe de la nef).
 

 

 
 
 
 
Quand l'anonyme de Bordeaux entreprît son voyage vers Jérusalem en 333, le christianisme était encore peu ancré en Aquitaine et en particulier à Bordeaux… et nous verrons au cours du parcours que la période était agitée et les routes par endroits peu sûres.

Au IVème siècle, la ville continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce de suif, de cire, de poix et de papyrus. Elle s'illustre par ses poètes chrétiens (Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole, 353-431).

 Les différentes fouilles menées à Bordeaux durant ces dix dernières années font ressortir un maintien constant de la civilisation antique du IVème au VIème siècle. Aucune véritable rupture ne peut être enregistrée avant le VIème siècle. Partout les niveaux archéologiques de ces époques sont présents et ont livré du mobilier riche et abondant, notamment des milliers de tessons en céramique sigillée paléochrétienne A. Quelques fragments de sigillée claire africaine, d’amphores orientales témoignent de la continuité d’échanges lointains jusqu’à la fin du VIème siècle. Les habitats, notamment à Saint-Christoly sont typiquement romains : mosaïques, sols de tuileau, chapiteaux etc... et ce, jusqu’à une époque très tardive. Dans le même temps, le christianisme s’installe dans le castrum au plus tard au milieu du VIème siècle. Les fouilles de Notre-Dame de la Place (1983), ont montré la mise en place de l’un de ces édifices paléochrétiens (Saint-Marie d’après Fortunat) construit entre 560 et 580 après J.-C. Mais c’est le site de Saint-Seurin qui nous permet de saisir au mieux les transformations des mentalités de la population bordelaise.

  Le christianisme paraît n'avoir pénétré qu'assez tard en Aquitaine. On attribue généralement à Saint Martial les premières prédications chrétiennes à Bordeaux; mais le triomphe définitif du christianisme est dû surtout à saint Hilaire et à saint Martin. Ce n'est qu'au commencement du IVème siècle (vers 315) que l'on trouve les traces d'une communauté chrétienne à Bordeaux ; on cite cependant, à l'époque des persécutions de Dioclétien, le martyre de saint Fort, dont les reliques furent découvertes dans l'église Saint-Seurin et qui fut plus tard l'objet d'un culte populaire. Dès le IVème siècle, on constate à Bordeaux la présence d'hérétiques; en 386, un concile, présidé par l'évêque Saint Delphin et auquel assistait Saint Martin, condamna à Bordeaux l'hérésie de Priscillius, déjà condamnée par le concile de Saragosse, et des poursuites rigoureuses furent exercées contreses adeptes.  

 Notre anonyme de Bordeaux qui écrivit ce document de voyage essentiel pour connaître les routes romaines en 333 était un des premiers chretiens de cette ville. On ne sait pas si c'était un homme ou une femme, on ne sait pas s'il a voyagé seul ou en groupe, Toujours est-il qu'il a laissé un document de référence qui est utilisé encore de nos jours pour trouver les étapes aujourd'hui oubliées mais aussi le tracé des voies romaines où il est passé. S'il a été peu disert en égrenant une liste sèche d'étapes et de distances sur la majorité du parcours, il a fait une description des lieux saints en 333 qui fait référence.


L'histoire a conservé l'itinéraire de ce pèlerin anonyme parti en 333 de Bordeaux où il fut de retour en 337.


On voit quelle utilité on peut tirer des précieuses indications de cet important itinéraire pour la géographie historique. Rendre la vie à l'auteur anonyme de l’itinéraire Burdigalense et reconstituer l'œuvre qui nous a laissé l'envisager sur toutes ses faces à l'aide des documents relatifs à l'histoire de son temps.


À l'aller comme retour le pèlerin Bordelais nous fait connaître toutes les stations de son pieux voyage sur les voies romaines.


La paix rendue à l'église par l'édit de Milan, ainsi que le magnifique réseau de voies qui sillonnaient l'empire contribuèrent beaucoup à donner, dès le quatrième siècle, un essor nouveau aux voyages en général et aux pèlerinages en particulier.


Parmi les itinéraires antérieur à celui du pèlerin de Bordeaux, on remarque celui d'Antonin, rédigé au commencement de notre ère. C'est de ce recueil dont paraît s'être servi l'auteur de l'itinerarium à Burdigala Hierusalem usque. Mais il ne tient compte que des voies qui le conduisent au but de son voyage : Jérusalem. C'est ainsi qu'il passe successivement d'une voie consulaire dans un chemin vicinal ou d'une voie militaire dans une voie prétorienne et vice versa suivant : l’iter Caesaris (Tenareze), la Via Domitia, Agrippa, Emilia, Trajana, Egnatia…


Bordeaux, point de départ du pèlerin, occupait alors, en sa qualité de métropole de la seconde Aquitaine, une place des plus importantes parmi les cités gauloise. Elle était située sur la rive droite de la Garonne et entourée d'une enceinte carrée dotée de hautes murailles.

Ses place étaient fort vastes, ses rues spacieuses et ses maisons élégantes. Les poètes chantaient à l'envi non seulement les produits déjà célèbres de ses vignobles, mais encore la beauté de son fleuve, dans les flots subissaient le contrecoup des jours de l'océan et la fraîcheur d'une source mystérieuse dans l'inépuisable abondance subvenait largement à tous les besoins des habitants. 

À tous ces avantages Bordeaux joignait encore ceux d'une grande ville de province et aux douceurs d'un climat tempéré les charmes d’une position charmante.

Comme chef-lieu de la Gaule Aquitaine cette célèbre cité possédait un Sénat composé des personnages les plus respectables et les plus distingués de la région.

Les arts, les sciences et le christianisme y florissaient, les chaires même de son illustre académie n'avait pas moins de réputation que celle de Calagurris, la patrie de Quintilien. On y vit briller successivement Exupère, maitre d’éloquence des neveux de Constantin, Alcime poète, orateur et historien, Minervius ainsi que tant d'autres grands hommes fameux parmi lesquels il convient surtout de citer Ausone qui les a célébré tous.




 
 

mardi 18 avril 2017

Comment, sur le terrain, publier un article de blog avec une photo prise avec son téléphone...

Nature du problème 

Je réalise les articles de mes blogs sur le terrain, jour après jour, avec mon seul téléphone. Sur le pélerinage de Compostelle, j’avais embarqué un iPad avec sa protection, mais c’est un kilogramme de plus à porter... Certes, une partie des articles est préparée, mais pour une part très significative je les finalise en fin de journée pour partie et surtout le lendemain matin de très bonne heure… La publication d’un article peut-être très courte, si les photos et vidéos sont déjà sauvegardées sur un site dans les nuages et insérées dans un article via un lien hypertexte ou cette publication peut nécessiter des dizaines de minutes en utilisant directement les photos du téléphone car l'article sera sauvegardé en même temps que les photos…
Cette seconde façon est plus facile, sauf que la connexion n’est pas toujours présente ou à débit suffisant. Il vaut mieux alors insérer le lien de la photo qui est stockée ailleurs en ayant fait auparavant la sauvegarde depuis le smartphone, en parallèle. L’édition de l’article devient rapide en utilisant ces liens. C’est pourquoi lors d’une pause avec accès WiFi, je remonte les nouvelles photos, c’est autant de gagné et ne pas avoir à faire une fois à l’étape.
Par contre, selon le lieu du stockage (et/ou de la sauvegarde) la photographie ne sera pas accessible ad vitam aeternam et/ou ne pourra être « partagée » avec un accès public pour donner l’accès à quiconque qui lit l’article. c'est ce qui rend le choix du lieu d'archivage important.
 
 Pour ma part, j’ai changé le lieu d’archivage en fonction de la fin de services (Picasa) ou après un en essai vrai grandeur. Le choix est vaste entre Dropbox, Flickr, Picasa/Google Photos, FaceBook, SmugMug, Zenfolio, Box, 500pix, OneDrive, Google Drive, SugarSync, FlashAir, Transcend WiFi, Toshiba Cancio, Amazon Cloud Drive et tous les autres stockages possibles comme un NAS, une base de FAI...
 
 
J’avais copié des photos sur Orange, DropBox, Google Photos, Hubic… Le choix n’est pas simple selon le volume, le coût et les droits de propriété associés.
 

Méthode utilisée

 
 
Le problème est de trouver une méthode simple qui fonctionne sans dépenser trop d’énergie pour sauvegarder...
J’utilise tout d’abord une application PhotoSync qui est quasi universelle !
  • Elle fonctionne sur iOS, Android, Mac, Windows
  • Elle permet de transférer ses photos depuis ou vers des ordinateurs, des NAS, d’autres appareils  iOS  (iPhone, iPad, iPod touch) ou Android par Wi-Fi et Bluetooth, 
  • Elle permet de transférer vers ou depuis  de nombreux services cloud via WiFI ou 3G/4G comme Dropbox, Flickr, Picasa/Google Photos, FaceBook, SmugMug, Zenfolio, Box, 500pix, OneDrive, Google Drive, SugarSync, FlashAir, Transcend WiFi, Toshiba Cancio, Amazon Cloud Drive
  • Elle permet de réaliser les auto-transferts en parallèle
  • Elle permet le partage web des photos
 Avec Amazon Drive (Premium Photos) depuis un ordinateur
Le stockage des photos est important, j’utilise maintenant Amazon Drive avec Premium Photos qui offre un stockage illimité en volume de photos (mais limité en vidéos) et je monte sur YouTube les vidéos que je veux partager dans mon blog. Dès que la sauvegarde de ces photos est faite avec PhotoSync, je peux les effacer de mon téléphone (automatiquement avec l’application qui marche en fond), ce qui permet de ne pas utiliser trop de mémoire. Si d’autres photos sont prises avec un autre téléphone ou un autre appareil, il est possible de les voir dans Premium Photos ensemble mais rangées en fonction de l’heure de prise des clichés.
 
Une fois, les photos remontées dans Amazon Drive, pour trouver le lien nécessaire pour insérer une photo à partir d'un ordinateur, il suffit de cliquer sur la photo et de copier l’adresse de l’image : BUvzvKhko1Pkyg30lBvDL8vx41YXbMxN0Nv3XnFCM1IpX92IB
 
et non pas choisir l’option "partager" qui donne une autre adresse comme https://www.amazon.fr/clouddrive/share/dM7I8MpwNFWeFLAeYa2GgKKU9bJqeDmUZqsTU32vSBH?v=grid&ref_=cd_ph_share_link_copy (partager dans ce cas permet de télécharger la photo à la demande)
 
Avec le premier lien on obtient la photo désirée qui apparait en quelques secondes… et rien avec l’autre !
 
Par contre, ce n'est pas possible d'obtenir ce lien avec un téléphone ou une tablette car le clic ne donne rien.
 
 
 
 
 
 
 
Avec Web Albums quel que soit l'appareil
Malheureusement, il n'est pas possible , avec Amazon Drive, d'obtenir une adresse opérationnelle  avec un iPhone ou un iPad (pour l'heure).
Alors, il faut utiliser une autre méthode. Je reviens à Google Photos pour faire une deuxième copie des photos, celles que je souhaite publier. C'est Photo Sync qui fait le travail, en tâche de fond. Toutes ces photos sont rangées dans le dossier idoine. 
Ensuite, j'utilise Web Albums pour les consulter et obtenir le lien à accès public nécessaire à la publication dans le blog.
Ce code donne accès bien entendu à la même photo printanière...
 
 
Cette solution à l'avantage de fonctionner sur le terrain équipé seulement d'un iPhone, tant que web album est mis à jour...