Sur le territoire de Sainte-Eulalie existait un camp romain réputé, important ouvrage de défense fortifié, en forme de triangle, dont un des sommets était situé au pech (colline) du Château d’eau de Villesèquelande. Autour de ce camp, de grands domaines appelés aussi « Villa » se créaient, fondés très souvent par un chef militaire tenté par la possession de la terre. Le mot « Villa » couvrait alors non seulement la maison d’habitation du maître, vaste et bien défendue, mais aussi celles des serviteurs et le domaine terrien plus ou moins grand qui en dépendait.
Un officier romain, Sicanus, fit construire sa puissante villa, « Villa Sicani » qui devint par la suite au Xème siècle Villasicca puis finalement Villesèque.
Les Wisigoths envahirent le pays en 435 et conservèrent ce territoire plus longtemps que les autres possessions gauloises.
À la fin du IIème siècle av. J.-C., le lieu est déjà un oppidum avec des fossés et héberge des habitations gauloises. En 118 av. J.-C., les Romains s’emparent du lieu occupé par les Volques Tectosages et fortifient l’oppidum. Ensuite les Wisigoths s’emparent de l’oppidum au Vème siècle, puis les Sarrasins au VIIIème siècle qui resteront environ trente ans avant d'être chassés par les Francs. Ces derniers laisseront le nom de Karkashuna.
C’est dans le courant du VIème siècle avant J.C que le site de Carsac est abandonné au profit d’un oppidum sur la butte de la Cité. A partir de cette période le promontoire stratégique ne sera plus contesté et l’occupation sera permanente. Cette première occupation est attestée par les strates repérées à la fois vers le Château Comtal et le musée lapidaire à plus de 4 m de profondeur ou vers le théâtre mais peu profondes par rapport aux couches actuelles. Elles s’enfoncent vraiment vers la tour Mipadre où elles atteignent la côte de 9m soit 2 m en dessous de la tour actuelle. Un premier fossé semble être attesté large de 6 m et profond de 2.5m. Les restes de murettes en pierres sèches pourraient être rattachés à des substructions de cabanes. La proximité de silos et d’un four à bronzier ou de potier confirmeraient l’hypothèse. Les poteries et céramiques dont celles importées sont des éléments forts de cette période en particulier les poteries à vernis noir de style pré-campanien ou campanien. Globalement les connaissances liées à cette période restent à défricher.Vers le IIème siècle avant J.C le couloir entre Toulouse et Narbonne est occupé par les Volques Tectosages. Après la victoire des romains et pour permettre de meilleurs échanges commerciaux à partir de la colonie de Narbonne, il est créé des nouveaux comptoirs ou oppida marché. C’est à cette époque qu’une nouvelle ville s’étend au pied de la colline. L’oppidum est mentionné par Pline sous le nom de Carcaso Volcarum Tectosagum, qui devient une étape, un point de convergence important. De nombreuses marchandises transitent à cet endroit : amphores et céramiques et contreparties en céréales Lauragaises, salaisons pyrénéennes, lingots de métal provenant de la Montagne Noire, du Rouergue ou des Corbières. A l’époque républicaine l’emprise agricole recouvre une grande partie du territoire. Les premières fortifications de la Cité vont apparaître au IVème siècle après J.C. L’ouvrage comportait vraisemblablement 34 à 40 tours. Elles sont reconnaissables à leurs assises de briques, la hauteur devait atteindre entre 13 et 14 m de haut. Les courtines crénelées ne dépassaient pas 8 à 9 m. Cette fortification se superpose à la première enceinte. Le périmètre est important soit plus de 1200 m de circonférence. Grâce à cette nouvelle sécurité la ville se développe sur les flancs au Bas-Empire. Le quartier Nord est relié aux fortifications par un mur d’enceinte dont l’ancrage est encore visible près de la porte nommée « le Bourg ». C’est dans ce cercle qu’auront lieux les premiers cultes chrétiens. Cette enceinte primitive est encore en partie visible aujourd’hui avec les tours dites : de la Marquière, de Samson et du Moulin d’Avar restaurées au XIXème siècle par Viollet le Duc et ses successeurs ou bien encore dans certaines parties de l’enceinte médiévale où elles servent de soubassements.
Carcassonne :